samedi 25 mars 2017


La purification du temple - Le Greco - Wikipedia
Voila un moment que je n'ai rien publié sur ce blog (la faute à une activité salariée très prenante, ce dont je ne me plains pas). Et pour une fois, ce sera un billet d'humeur.

Je profite de ce samedi matin pour lire mes mails personnels reçus durant la semaine, notamment ceux provenant des Groupes Yahoo auxquels je suis inscrit.
Parmi ceux-ci, un message de Jean-Claude LE BLOAS sur la liste Yahoo CG22 indiquant que le rapport de l'AG du CG22 est en ligne.

Le rapport de l'Assemblée Générale est très classique pour une association de ce type et conforme à ce que l'on pouvait lire les années précédentes.

C'est en fait le dernier paragraphe qui m'a particulièrement interpellé. Je le retranscris tel quel:

"Monsieur Jean-François PELLAN, président de l’UGBH, nous fit part de ses réflexions sur l’avenir de la généalogie, et le danger que représentent les marchands de l’envergure de Filae ou de Généanet, invitant les généalogistes à ne pas offrir leur bénévolat et leurs données aux marchands du web, mais plutôt aux associations, pour qu’elles restent en mesure de conserver leurs emplois salariés. Il exprima le regret que la Fédération Nationale de Généalogie soit bridée dans les actions qu’elle pourrait mener au niveau national, par la faiblesse des cotisations de base des associations fédérées, et par contre-coup par la faible part de leur cotisation revenant à la FFG"

J'ai relu ce passage plusieurs fois et la première phrase (que j'ai mis en gras) me dérange. Avant d'en expliquer les raisons, je précise:
- que je ne connais pas Mr PELLAN personnellement, même si nous nous sommes croisés sur quelques salons sur Paris
- que je salue son travail tant au Cercle Généalogique du Finistère (mon épouse cousine avec lui au travers d'ancêtres papetiers) que pour son action bénévole sur l'ensemble des mandats associés au monde généalogique qu'il a exercé ou qu'il exerce encore.

Tout cela pour dire que je n'ai aucun a priori, positif ou négatif à son propos. Il se peut d'ailleurs que cette transcription, forcément parcellaire puisque issue d'une intervention plus longue ait quelque peu dévié le message initial de son auteur (l'exercice de résumé est toujours délicat, j'en conviens).

Il n'empêche, je ne peux être d'accord avec cette première phrase qui semble opposer de fait les méchants marchands (sous entendu du temple) et les gentilles associations. Le sujet n'est pas aussi simple.
Et c'est surtout l'argument ultime qui me fait bondir. Pourquoi ne faut il pas aider Filae (ex-Genealogie.com), Geneanet et autres ? Pour préserver les emplois salariés des associations.

Préserver des emplois à l'heure actuelle dans notre pays est forcément une bonne chose. Mais si c'est pour en détruire de l'autre (chez les marchants), la position me parait moins évidente.

Je rejoins Mr PELLAN sur l'alerte faite aux généalogistes de ne pas forcément remettre aussi rapidement leur travail bénévole à des sociétés privées (je préfère ce terme à marchand). J'entends le fait de faire un travail bénévole qui sera exploité financièrement par ces mêmes sociétés privées, sans obtenir de contrepartie. Dès lors qu'une entreprise en tire un bénéfice, il me semblerait juste de gratifier celui qui lui apporte de la valeur.
J'entends également parfaitement le fait d'en faire profiter les associations généalogiques en remettant ce même travail bénévole.
Mais ce n'est pas forcément l'un OU l'autre. Cela peut aussi être l'un ET l'autre. C'est un choix du bénévole qui lui appartient.

Mais cette position ne peut pas être appuyée par le fait de préserver des emplois au sein d'une association. Car cela revient à positionner l'association au même rang qu'une société privée : vendre un produit pour payer le salaire des employés.

Pour appuyer mon propos, je vais revenir semble t'il à la base de l'action du généalogiste : faire des recherches sur ses ancêtres.
Et pour cela, il va forcément utiliser toutes les ressources à sa disposition. Que l'information vienne des associations, des archives directement ou bien aussi des informations provenant des sociétés privées (je ne saurais évidemment être exhaustif sur toutes les sources possibles).

Si le généalogiste se tourne vers les produits d'une société privée, c'est bien que celle-ci lui apporte le service qu'il attend. Si une association (ou autre) fournit le même service, gratuitement ou via le biais d'un abonnement, c'est au généalogiste de faire son choix suivant ses convictions.

Je vais prendre mon exemple personnel. J'ai démarré ma généalogie réellement en 2008. Je me suis inscrit bien vite au CG22 (plus tard au CGHP). Et j'ai largement usé et abusé des services des outils Corail Net et Granite Net. Et je sais gré pour cela aux services du CG22 d'avoir su les mettre en place, et aux bénévoles qui ont indexé leurs données.
Mais j'ai aussi profité des services que m'ont fourni Geneanet et Heredis Online, qui ont aussi participé à faire croitre mon arbre.

Filae est également nommé, je ne les passerais donc pas sous silence. Pour Filae, la question est de plusieurs ordres
Est ce légal ? Mr PELLAN est bien plus qualifié que moi pour y répondre, c'est un terrain sur lequel je ne peux aller. C'est à un tribunal de dire la loi, certainement pas à moi.
Est ce moral ? Là aussi, on peut discuter de la façon cavalière de récupérer les données, mais au final, pour rester pragmatique, n'oublions pas un point: c'est en ligne sur le net, donc on peut le récupérer.

Après, ce qu'il faut reconnaitre (et je ne suis pas client de Filae), c'est qu'ils offrent un produit extraordinaire pour celui qui débute. Et je peux dès lors exprimer un regret. Pourquoi les associations et les AD n'ont pas pu fournir un tel service ? Les images sont là. Les données sont là. Alors pourquoi ?
La faute probablement à la volonté locale de ne surtout pas avoir le même navigateur que celui du voisin. De ne pas partager des données car c'est souvent la seule source de revenu. Et cette liste doit pouvoir s'allonger à loisir.

Alors un acteur privé a fait ce qu'aurait du probablement faire les acteurs publics et associatifs depuis longtemps. La question n'est plus de savoir si c'est normal, légal, moral. La question est plutôt comment réagir.
Et si la réponse n'est pas trouvée rapidement, la situation des associations ne s'améliorera pas.


Lorsque l'électricité a commencé à arriver dans les maisons, les fabricants de chandelle ont tenté de faire interdire les ampoules. Avec le résultat que l'on connait.

Nul doute qu'un tel sujet va faire réagir, j'attends les réactions avec intérêt.

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Précisions finales, j'indique qu'après des années d'adhésion au CG22, je n'y ai pas souscris cette année. Pour la même raison principale que pour Geneanet il y a quelques mois: le manque de temps. Vous pouvez relire en détail ces raisons dans mon article précédent : Renouveler ou pas. Mais nul doute que je me réinscrirais l'an prochain.
Je précise aussi que j'ai fait (très modestement) partie des "fourmis" du CG22 après avoir indexé l'Etat-Civil du petit village de Kerpert, ainsi que la classe de 1872 pour les registres matricules. Et dès que j'aurais plus de temps à y consacrer, je me lancerais à nouveau dans ce type d'action pour le CG22 ou le CGHP.

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