samedi 1 février 2014

Un couple pas comme les autres



Jacques-Bénigne Bossuet
- Cathédrale de Meaux
Projetons-nous 450 ans en arrière. Nous sommes en 1663.
La Peste sévit en France, principalement à Paris et en Bourgogne. Ce fléau a pris la suite de la famine, qui a ravagé le pays en 1660 et 1661, poussant Bossuet à apostropher le Roi Soleil et sa cour, en mars 1662 :

« Ils meurent de faim ; oui, Messieurs, ils meurent de faim dans vos terres, dans vos châteaux, dans les villes, dans les campagnes, à la porte et aux environs de vos hôtels… »

Heureusement, cette famine aura relativement épargnée les régions de l’Est, le Midi, le Languedoc, ainsi que la Basse-Bretagne, où l’on retrouve précisément Catherine THOMIN, née à Bourbriac aux environs de 1645.

Nous sommes au mois de Juin. Après un hiver encore une fois glacial, tout le monde se demande si l’été sera aussi chaud que l’année passée.

Mais Marie a la tête ailleurs. Car d’ici quelques jours, la fête va battre son plein. Elle va se marier le 17 avec Guillaume GOUET. Le même jour, son frère François va épouser la sœur de Guillaume, prénommée Marie.


Actes de mariage de Guillaume GOUET – Catherine THOMIN et de François THOMIN – Marie GOUET
AD22 5 Mi 218 - Source : Archives Départementales des Côtes d'Armor

De son mariage avec Guillaume naitront trois enfants : Marguerite, Pierre et Yves. Ce dernier nait le 24 avril 1675. Et ne connaitra jamais son père.  Guillaume est malheureusement décédé 2 mois plus tôt, en février.

Seule avec trois enfants en bas âge, avec une terre héritée de son père en 1669 dont elle doit s’occuper, Catherine ne peut rester longtemps seule. Le 10 Septembre 1678, elle épouse en secondes noces Olivier RANNOU.

Ils vivront ensemble à la Ville Blanche en Bourbriac jusqu’en juin 1705, date à laquelle va décéder Catherine. Trois ans plus tard, Olivier RANNOU va la rejoindre. A son décès sont présents Jean et Sylvestre RANNOU, deux des huit enfants du couple.

Jean aura treize enfants. Sylvestre neuf. Perpétuant ainsi une longue lignée.

Retour au 20ème siècle.

La famille de ma mère est originaire de Pont-Melvez dans les Côtes d’Armor. Mon beau-père de Gurunhuel et ma belle-mère de Bourbriac, également dans les Côtes d’Armor. Trois communes proches de quelques kilomètres seulement les unes des autres. Les probabilités que mon épouse et moi-même soyons cousins étaient fortes.

Environs de Guingamp - Google Map©
Vous l’aurez donc compris, j’ai une tendresse particulière pour ce couple puisqu’il est notre racine commune. Je suis un descendant de Jean RANNOU à la 11ème génération. Mon épouse une descendante de Sylvestre RANNOU à la 10ème génération.

Et pourtant, mon épouse et moi nous sommes rencontrés à 450 km de Bourbriac….450 ans plus tard.



6 commentaires:

  1. Mon mari et moi sommes originaires du même secteur, mais toujours pas de branche commune !

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    1. Il faut préserver. J'ai mis 3 ans à trouver le lien.

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  2. C'est ce que j'aime dans la généalogie, des surprises comme celle-ci même si tu la subodorais.
    Pour moi, la surprise est que ma petite cousine descend d'un des assassins de mes aaaag oncle et tante. Cela nous rapproche d'autant plus ;)

    Belle recherche et bel article, merci pour le partage.

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    1. Voila une découverte plus surprenante, mais beaucoup plus originale.

      C'est vrai que les découvertes les plus longues et les plus complexes apportent aussi leur petit supplément de plaisir quand on les trouve.

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  3. Trouver un lien entre ma femme et moi au niveau généalogique tient du miracle.
    Je suis à 75% en Bretagne & 25 % autour d'Yssingeaux. Quant à elle, sa famille n'a pas mis un pied en dehors des Pyrénées Orientales pour aussi que je suis remonté.

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    1. Je suis sur qu'en poussant un peu plus loin de quelques générations, tu finiras bien par remonter à Charlemagne ou plus loin encore ;-)

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