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samedi 25 janvier 2014

PSI


 
Voila un titre bien étrange pour un article sur un blog généalogique.

Il n’y a pas de faute d’orthographe, et je ne vais, ni vous parler d’une star sud-coréenne qui a fait danser 1 milliard de personnes sur Youtube, ni traiter d’une analyse d’un célèbre médecin autrichien ayant vécu entre le 19ème et le 20ème siècle.

Non, PSI est ici l’acronyme de : Plan de Sauvegarde Informatique.

En plus clair, que faire quand on a tout perdu ?

De nos jours, rares sont les généalogistes qui traitent encore leurs données sur de bonne vieilles fiches papier. L’immense majorité utilise un logiciel informatique.
A titre professionnel, j’ai eu à participer à la mise en place d’un nouveau PSI. Et ce, après les attaques du 11 Septembre 2001, avec un postulat de base : Comment redémarrer l’activité le plus rapidement possible si un avion (ou tout autre catastrophe majeure) s’abat sur notre salle serveur ?

Bien entendu, à titre personnel, ce n’est pas ce genre de question qui m’interpelle chaque matin. Mais nos données généalogiques, que nous avons si patiemment collectées, durant des milliers d’heures, méritent un minimum de sécurité.
Cet article n’a pas vocation à devenir une référence en la matière, mais juste présenter mon organisation de sauvegarde.

J’utilise le logiciel Heredis dans sa version 2014. Mais j’utiliserais Geneatique, Gramps, Ancestrologie ou toute autre logiciel, que le fonctionnement en resterait sensiblement le même.
Il y a deux éléments fondamentaux pour moi :

-          La base de données. Elle est contenue dans le fichier .heredis (exemple : Magénéalogie.heredis)
-          Les originaux de mes médias. Ils sont tous contenus dans un répertoire Maitre qui se nomme…Médias (je suis un excentrique, vous l’aurez remarqué)

J’utilise la fonction de synchronisation de mon logiciel, tant vers une clé USB que vers d’autres appareils (Mac ou iPad).
Mais en cas de crash d’un avion sur mon domicile (ou moins original mais potentiellement aussi destructeur, un incendie, une inondation ou toute autre catastrophe impliquant des dégâts majeurs), l’ensemble pourrait être détruit. C’est là qu’intervient l’une des clés des plans de sauvegarde informatique d’entreprise : le site de secours.

C'est-à-dire un site géographiquement distant du site principal, et donc potentiellement à l’abri du même risque. Un contre-exemple parlera à bon nombre de généalogistes ayant des ancêtres sur Paris.
Le 23 Mai 1871, les communards incendient l’hôtel de Ville. Détruisant ainsi le premier exemplaire de l’état civil et des registres paroissiaux.

Hotel de Ville - 24 Mai 1871 par Theodor Hoffbauer (1839–1922) via Wikimedia Commons

Le lendemain, c’est le palais de justice contenant le second exemplaire qui subit le même sort. Il a fallu des dizaines d'années pour reconstituer l'état civil parisien avec toutes les lacunes que l'on connait.


En matière informatique, cette sauvegarde sur site externe est aujourd’hui favorisée par le développement du « Cloud ». Ce fameux nuage qui nous permet de stocker des données et d’y accéder à tout moment et en tout lieu. En bon paranoïaque de la sauvegarde, j’ai plusieurs offres Cloud, toutes gratuites.

Cloud Computing Icon - par 百楽兎 via Wikimedia Commons
 
  • Un compte de 25 Go sur Hubic (fournisseur français)
  • Un compte  de 50 Go sur Dropbox (fournisseur américain)
  • Un compte de 7 Go sur SkyDrive (Microsoft, donc américain)

Sur deux d’entre eux (les premiers cités), j’ai un répertoire Genealogie dans lequel sont copiés après chaque session de travail :
  • Le fichier .heredis (ma base de données)
  • Le dossier Médias avec tout ce qu’il contient

Je vois deux remarques potentielles à ce fonctionnement, je les anticipe donc :
  • « Mon Dieu, il ose mettre ses données sur un serveur américain ! » - Réponse : Oui, je mets mes données sur un serveur américain. Je considère qu’ils les ont déjà constitués de toute façon (merci la NSA qui sauvegarde bien précieusement mes données si fragiles) et j’ai bien du mal à voir l’intérêt stratégique de mes laboureurs auvergnats et bretons du 18ème siècle pour l’économie américaine.

  • « Mais pourquoi ne travaille t’il pas directement sur le Cloud au lieu de passer par une copie ? » – Réponse : Je le fais pour deux raisons. La première est que je souhaite avoir 2 sites de secours. Le passage par une copie sera donc obligatoire, au moins pour un site. La seconde est que j’ai eu une expérience malheureuse (probablement par ma faute, j’en conviens sans problème) sur un fichier perdu alors que je travaillais dessus. Mais je n’ai pas trop de doute sur le fait que je ferais probablement la bascule sous peu.


Maintenant, tout plan de sauvegarde, aussi bien ficelé soit-il, ne vaut que s’il fonctionne. J’ai donc fait le test « en vrai ».
Le week-end dernier, j’ai emprunté le PC du fiston, vierge de toute installation. La remontée s’est faite en 7 étapes et n’a pas pris plus de 30 minutes (le temps varie évidemment en fonction du volume de données et du débit de la connexion Internet):
  1. Récupération sur Internet (site de l'éditeur) du fichier d’installation du logiciel
  2. En parallèle du point 1, connexion à mon espace Cloud depuis le PC. Copie du fichier .heredis et du dossier Médias sur le PC
  3. Installation du logiciel
  4. Création du dossier .hmw dans lequel je copie mon fichier .heredis
  5. Ouverture d’Heredis 2014, saisie de la licence (que j’ai également sauvegardé, mais qui peut-être réclamée à l’éditeur de toute façon)
  6. Lancement de mon fichier généalogique
  7. Ouverture du dictionnaire des sources et recherches des médias non localisés. Cela permet de refaire le lien avec mes médias originaux
Et me voila reparti au travail.
 
Je terminerais ce billet en rappelant, non pas l’importance, mais l’obligation de faire des sauvegardes régulières. Ce n’est pas une perte de temps chaque jour, mais une assurance contre la perte de milliers d’heures de travail.
 
 

17 commentaires:

  1. Drôle de coincidence, fait ce matin !

    Pour mon arbre, j'estime que la mise à jour sur geneanet est une forme de sauvegarde. J'ai copié / collé mon dossier généalogie sur une grosse clé + une sauvegarde de mon arbre. Et mon mari me pousse à utiliser dropbox.

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    1. J'ai hésité à parler d'Heredis Online, puisque c'est aussi une sauvegarde de ma généalogie avec les médias. Mais ils ne proposent pas de récupération de fichier (pour l'instant ?), même si je me doute qu'il ne devrait pas y avoir de problème à demander à l'éditeur.

      Je publie aussi régulièrement sur Geneanet, mais ce n'est que mon gedcom. Donc pas de média.

      La sauvegarde Dropbox ne mange pas de pain. Quand je vois sur les forums des utilisateurs venir en disant que leur PC a planté et qu'ils n'avaient pas de sauvegarde....

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  2. Ce n'est pas un avion qui s'est abattu sur ma maison mais une simple coupure électrique qui a eu raison de mon PC :-(. Ordinateur sous garantie donc disque dur changé et perte de toutes mes données. Heureusement, je possède un disque dur externe et depuis je fais des sauvegardes régulières mais est-ce suffisant ?

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    1. Pour ce cas (perte du disque dur), mes sauvegardes sur clé USB et autres machines suffiront. Mais encore trop de généalogistes, par méconnaissance, ne prennent pas cette simple précaution.
      Qu'il faut rappeler sans cesse.

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  3. C'est en effet une vraie question en généalogie, car l'essentiel de notre travail est désormais au format numérique.
    Comme toi, je me suis créé un compte sur Dropbox (gratuit) et j'y copie l'essentiel de mes documents généalogiques. J'ai aussi acheté récemment un disque dur externe pour sauvegarder les documents les plus volumineux (photos prises aux AD, etc.).
    Le seul problème après, c'est de faire des sauvegardes suffisamment régulièrement !
    Elise

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    1. La question qui se pose généralement lors de la mise en place d'un PSI, c'est: Combien de temps de perte de données accepter ?

      Faire mes sauvegardes après une session de travail me prend environ 5 minutes. Je le prends comme une assurance.

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  4. Bonsoir Jimbo,
    Merci pour cet article et les explications très claires. Je suis moi aussi un peu préoccupée par la perte des données, cela représente tellement d'heures de travail et de recherches. J'ai trouvé ici quelques trucs en plus pour améliorer mon PSI. A un prochain article.

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    1. Si cela peut aider au moins une personne, cet article aura trouvé son intérêt.

      Merci de m'avoir lu.

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  5. Personnellement je n'ai pas encore franchi le pas du Cloud vu le nombre de donnees a sauvegarder, la sécurite physique (le data center peut aussi être noyé, cf Katrina et Cindy aux States), la confidentialité des données (cryptage à la volèe) et la disponibilité (coupures de courant).
    Sur mon pc je dédie une partition E aux données personnelles aussi bien comptables (factures), que généalogiques. Je sauvegarde la partition complète sur 3 disques durs externes, 2 sont chez moi et un autre est chez ma mère à 800km.

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    1. Bonjour,

      Il n'y a pas vraiment de risque. Si l'on prend hubic par exemple, les données sont dupliquées dans trois datacenters différents (roubaix, gravelines et strasbourg). Les datacenters américains sont normalement situés en Californie, dans une région particulièrement sismique (Sans francisco surtout). Aussi je pense que les données sont aussi dupliquées.




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  6. J'avais auparavant l'option sauvegarde chez mes parents. Mais il faut reconnaitre que ce n'est pas le plus pratique.
    Cela reste une bonne solution.

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  7. De mon côté, je fais la même chose pour mes photos persos que pour mes documents concernant la généalogie. Je sauvegarde toutes les données sur mon NAS à la maison. Il y a deux disques durs en recopie l'un sur l'autre (RAID1). Du coup, la chance que les deux tombent en rade au même moment est plutôt mince. Et enfin chaque nuit du dimanche au lundi, le NAS recopie de manière différentielle les données sur un autre NAS à distance (chez mes beaux-parents).

    Du coup, je n'utilise pas de Cloud à proprement parler via les sites Dropbox, Drive et autres mais c'est tout comme ! :)

    Pour le moment pas de soucis de pertes de données. On croise les doigts !

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    1. Tu as ton serveur de secours, c'est bien là l'essentiel. Qu'il soit sur le Cloud ou ailleurs importe peu.

      Je te conseillerais toutefois de faire un test de redémarrage "from scratch", histoire de vérifier que tout est ok au niveau sauvegarde.

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    2. ça fait parti de la longue liste de chose à faire. Je dois mettre Heredis sur le portable et je comptais passer par là. Mais comme d'habitude le temps manque entre une chose et l'autre ... :)

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    3. Ah tiens, je pensais être le seul ;-))))

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  8. Etant sur Mac, je bénéficie d'une sauvegarde quasi en temps réel sur un disque dur externe via Time Machine. Qui m'a bien servie le jour où j'ai mis par erreur à la corbeille tout le fichier Heredis !
    Mais je reconnais que je n'ai pas d'autre sauvegarde à distance que Geneanet, ce qui est un peu léger. Il me reste à sauter le pas vers iCloud…

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    1. La sauvegarde sur Time Machine ne vaut que s'il ne se passe rien dans la pièce. C'est vrai que l'intégration du monde Apple te dirige naturellement vers iCloud.

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