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mardi 15 octobre 2013

Mais que sont-ils donc partis faire à Paris ?

Un titre d'article un peu curieux, mais c'est vraiment celle que m'a posé ma mère lorsque je lui ai annoncé que ses grands-parents paternels s'étaient mariés à Paris, alors qu'elle pensait avoir été la première de sa famille à rejoindre la capitale....65 ans après.

Mais un rapide retour en arrière s'impose.

Je parle ici du couple Jean-Marie LE BINIGUER et Marie-Catherine THORAVAL

Jean-Marie est fils de Jean-Marie et de Marie-Louise GUILLOU. Son père est laboureur,  sa mère ménagère. Né en 1857 à Pont-Melvez, il y mourra en 1920.

Marie-Catherine est fille d'Yves Marie et de Marie-Julienne ALLAIN. Ses parents, comme ceux de Jean-Marie, sont laboureur et ménagère à Pont-Melvez. Marie-Catherine est née en 1872 et est la fille ainée d'une fratrie de 7 enfants, dont elle devra probablement s'occuper, sa mère Marie-Julienne décédant en 1886.

Leurs 4 grands-parents respectifs sont également de Pont-Melvez.

La question reste donc entière: Pourquoi Paris alors que tous leurs ancêtres et leurs collatéraux vivent ou ont vécu dans les Côtes d'Armor avec quelques incursions dans les autres départements bretons ?

Ayant trouvé cette information sur le net, je me suis donc rendu il y a 4 ans aux AD75 (les archives n'étant pas encore en ligne). J'ai retranscrit l'acte trouvé sur les microfilms, puis le soir-même, je prévenais ma mère. Sa première réaction fut de me dire: "Ce sont des personnes qui portent les mêmes noms, mais ce ne sont pas eux"

Reprenons l'acte de mariage (désormais disponible en ligne sur les AD de Paris), à la date du 15 Mars 1900:

Acte de mariage JM.LE BINIGUER et MC.THORAVAL - Crédit : AD Paris

Le Jean-Marie de l'acte est né à Pont-Melvez le 10 Juillet 1857, fils de Jean-Marie et Marie-Louise GUILLOUX.
La Marie-Catherine de l'acte est née le 13 mai 1872 à Pont-Melvez, fille de Yves et Marie-Julienne ALLAIN.

La coïncidence n'est donc plus de mise, il s'agit bien de mes arrière-grands-parents. Serait ce le manque de travail qui aurait poussé ce couple à partir sur la capitale ? Jean-Marie était le 6ème enfant d'une fratrie de 9, et son père est décédé en 1892 (sa mère en 1865).

Lorsque je regarde les témoins de ce mariage, j'y trouve un Guillaume ALLAIN, qui se trouve être le cousin de Marie-Catherine. Ce Guillaume est marchand de vin à Clichy, Marie-Catherine résidant rue de Clichy à Paris.

L'option du travail semble être une bonne piste.

Il y a toutefois une autre piste à creuser. Celle des naissances. Et il ne m'a pas fallu pousser bien loin, puisqu'en date du 23 avril 1900, je trouve dans le 14ème arrondissement, la naissance de Jean-Philippe LE BINIGUER, fils de Jean-Marie et de Marie Catherine THORAVAL.

Acte de naissance JP.LE BINIGUER - Crédit: AD Paris

L'énigme est pour moi résolue. Marie-Catherine et Jean-Marie ont quitté la Bretagne, région fortement croyante, au début de l'année 1900, voir à la fin de l'année 1899 pour masquer "l'état" de la future mariée.

Que s'est il passé à la suite de cette naissance ?

Je n'ai pas la date précise de leur retour sur la Bretagne, mais on peut se faire une idée en regardant les naissances suivantes de ce couple.
En 1902, nait Emile Marie, leur second fils. Mais sur la commune de Callac, éloignée d'une quinzaine de kilomètres de Pont-Melvez. Ils rejoindront Pont-Melvez en 1903 ou 1904, puisque leur troisième enfant Yvonne Marie naitra à Pont-Melvez, ainsi que leurs trois derniers enfants, dont mon grand-père, Louis, dont j'aurais l'occasion de parler dans un prochain billet.
Ils auront donc quitté Pont-Melvez durant 4 ans environ, le temps d'éteindre toute suspicion.

Jusque 1910, Jean Marie et Marie Catherine tiendront l'auberge, dont j'ai mis une photo dans mon article : "Une photo, non un livre"

Puis Jean Marie reprendra son travail de cultivateur, jusqu'à sa mort en 1920.

11 commentaires:

  1. Très intéressant comme histoire. Cela expliquerai peut être le fait que je ne trouve pas le mariage de mes AAGP...

    Une histoire aussi de croyance ? :) Il faudra que je creuse en ce sens.

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    1. Bonjour,

      Cela peut être une bonne idée d'article. Ouvrir les différentes pistes. Avec un coup de chance, un lecteur pourrait avoir une piste.

      Dans mon cas, l'information n'aurait pas été disponible sur le net, j'aurais probablement cherché un bon moment. Ils ont vraiment fait un AR sur Paris pendant 2-3 ans

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    2. Bonjour,

      J'ai cherché sur Geneanet, Bigenet, Geneabank ... Rien ! Aucune piste :(

      Donc pour le moment ce n'est pas gagné ! Mais je ne désespère pas et j'ai bien d'autres branches à creuser pour ne pas m'ennuyer.

      En plus si les AD66 arrivent bientôt, j'aurais toute la famille de ma femme à faire :) !

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  2. Ah oui en effet, cette hypothèse me semble la bonne. Ils ont trouvé un cousin pour les héberger un temps.

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    1. Cela me semble l'hypothèse la plus plausible au vu des éléments.

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  3. bonjour Jean

    Vous avez oublié la troisième solution..Jean philippe n'est peut-être pas le fils de Jean Marie...j'ai le même cas avec mes AGP maternels mariés le 16/8/1899..et ma GMM est née le 2/9/1899....et je sais qu'il y a un secret de famille de ce côté là....ayant interrogé il y a 20 ans la descendante de la sœur cadette de ma GM...ma GM était très différente physiquement petite brune peau matte les yeux legerement bridés et sa cadette grande blonde comme les blés ...les yeux d'un gris perçant...je me tourne en ce moment vers la généalogie par ADN pour eclaicir ce mystère

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    1. L'ADN, voila un sujet bien épineux. N'oublions pas qu'il est interdit à un particulier d'effectuer des tests ADN pour son compte.

      C'est bien entendu la seule solution fiable à 100%. Mais partant de là, on peut aussi légitimement se poser la question pour toutes les paternités de nos arbres.

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    2. j'ai une douzaine de branches illégitimes dans mon ascendance....mais ce n'est pas les erreurs de paternité qui m' intéressent au fil des 16,17,18 siècles.....mais cette erreur çi qui est peut-être la vôtre car elles sont contemporaines....cela fait 30 ans que je construis cette généalogie et j'ai maintenant l'envie pour tirer une conclusion de ces 30 années...d'affirmer ou d'infirmer mes recherches...la généalogie n'est qu'une passion basée sur des patronymes....mes ancêtres sont bretons au moins jusqu'au 16 siècle...sûrement que la recherche par ADN même si elle interdite en France mais faisable dans certains pays européens et aux USA...me mènerai vers des origines vers le pays de galles et l’Espagne....mais une direction vers l’Europe de l'est confirmerai mon enquête de ses vingt dernieres années......me ferait sourire par rapport à ces 30 années de recherche et m'apporterait une plénitude généalogique

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  4. Bonjour,

    Je ne suis en train de parcourir l'état civil de Saint-Denis pour y trouver quelques Limousins. J'ai commencé par l'année 1905 et je descend tout doucement vers le 19me siècle. On n'y trouve beaucoup de natifs et natives des Côtes-du-Nord et quand je dis beaucoup, je ne mâche pas mes mots. Voici le lien : http://archives.ville-saint-denis.fr/archive/resultats/etatcivil/n:7?RECH_acte%5B0%5D=Deces&RECH_unitdate_debut=1902&type=etatcivil
    Bonnes chances dans vos recherches.
    Laurence.

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    1. Effectivement, je veux bien croire qu'ils n'étaient pas bien nombreux. C'est pour cela que cette parenthèse de 2-3 ans sur la capitale est aussi étonnante.

      Merci pour vos encouragements.

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  5. Bonsoir
    Est ce que la paternité ou la maternité génétique est la plus importante, je ne sais pas si le trisaïeul de mon bisaïeul est bien le père de son fils... Mais sa femme était-elle vraiment la mère ? Des tromperies et des faux témoignages il y en a toujours eu. Je ne fais pas vraiment une recherche génétique mais de l'histoire des familles, à mon humble niveau, et là par contre le trisaïeul il a laissé au bisaïeul son nom et peut être pas ses yeux mais certaines de ses manières et une éducation ou de mauvais traitements qui ont fait ce qu'il était ce que sa fille était ou ce que je suis aujourd'hui.
    La question de l'origine physique est intéressante mais pas plus que l'origine sociétale, je pense.
    Et j'ai beaucoup de respect s'ils n'ont pas ensuite fait payer à la progéniture ensuite ce choix, pour les hommes qui ont pris une femme avec "ses bagages"

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